
Charles « Chuck » Cossetti, alias Mesus, voit le jour à Hammond, Indiana, à la lisière de Gary et de l’Illinois. Son père biologique se suicide alors qu’il n’a que deux ans et demi, laissant sa mère gérer seule l’éducation dans les faubourgs sud de Chicago. À cinq ans, la famille s’installe à Fairfield, Connecticut, à une heure de New York, où le jeune Chuck se découvre un accent midwest qui le rend outsider parmi les gosses du coin.
De retour dans l’Illinois vers dix ans, la musique entre en scène. Son frère aîné passe Guns N’ Roses et Metallica en boucle ; Chuck s’imprègne de Appetite for Destruction, album qui le happe totalement. Puis le rap surgit : N.W.A. avec Ice Cube et Eazy-E le scotche net. Bientôt, Nas, LL Cool J, Jazzy Jeff, Beastie Boys, Naughty by Nature envahissent ses écouteurs. À onze ans, le hip-hop devient sa drogue.
À seize ans, une ombre noire l’envahit. Sans raison apparente – parents aimants, beau-père solide – il touche le fond, rongé par une dépression qu’il relie plus tard à l’héritage paternel. Une nuit, il saisit un carnet rouge au chevet de son lit. Les mots jaillissent : “I don’t know what I’ll do or what I need, I guess I’ll know when I’m not a seed”. Soulagement immédiat. Ce poème, premier “rap”, plante la graine d’une vocation.
À dix-sept ans, un séjour en centre de détention juvénile change tout. Il écrit “Passing Time” avec d’autres détenus. Les réactions fusent : même les inconnus acclament son flow choppé à la Chicago. De retour chez lui, le stylo s’emballe. Mais l’époque est rude : studios inaccessibles, voyages à vélo sur autoroute gelée pour des sessions avortées. À dix-huit ans, une révélation spirituelle recentre sa vie sur Jésus.
C’est là qu’Adam Calhoun entre en scène, futur collaborateur clé. Ensemble, ils gravitent open mics, battles, contests dans des clubs où ils ne sont même pas censés entrer. 2008 marque The First Cause, son premier EP épuisé aujourd’hui collector. 2013, I’m the Rock pose les bases d’un rap chrétien sans concessions. 2014, Victory Music voit le jour via TuneCore, avec un feat. de l’immense Twista qui valide son talent.
Son style ? Un flow rapide hérité de aussi bien de Twista justement, que de Do or Die ou Crucial Conflict (icônes Chicago 1996), mais nourri de country sudiste et de foi abrasive (ce qui explique son affiliation au style country rap). Loin du gangsta forcé des battles, Mesus raconte sa vie : colère paternelle héritée, alcoolisme évité malgré une tolérance monstrueuse, musique comme unique exutoire.
La consécration arrive en 2019. “Freepression” en spoken word, puis “Rap Jesus” (sur l’instru Killshot de MGK dissant Eminem) alertent. 24/7 (2019, feat. Adam) explose pendant la pandémie. “Guest” répond cash à Nick Cannon : “les blancs sont des guests dans le hip-hop ? Le basket a été inventé par un homme blanc, donc j’imagine que Michael Jordan est un invité aussi ?”. Avec en plus la Polémique BLM/George Floyd en toile de fond.
Juillet 2020, Racism cogne fort. Écrit dès 2015-2018, il dénonce les doubles standards raciaux. “Dictator” (2021), anti-vax et anti-Biden, truste 20 millions de streams. 2021, l’album Mesus fédère ses fans hardcore. Puis en 2022, Strengthen Numbers avec Burden (“Riot For Me”) scelle une alliance chrétienne-country. 2023 signe la méga réédition de The Raptivist, monstre à 50 tracks pour les 50 ans du hip-hop : Racism rebundlé, Deleting Elites, Fu2. Au rang des collaborations : Twista (encore), Tom MacDonald, Bubba Sparxxx, J Wayne, Dusty Leigh …
Mesus refuse les cases : “trop country pour le rap, trop rap pour la country”. Son rap chrétien claque : F-bombs assumés (“F Bombs” comme test), parabole des talents (“Dieu te juge sur l’usage du don”), etc. Rapper vitriol mais père de famille humble, il défie les élites, l’industrie et le politiquement correct. Vérité abrasive et doué en business (rééditions physiques/CD), il rappe pour guérir, unir, provoquer. De Hammond au monde, Mesus incarne l’outsider qui transforme ses cicatrices en hymnes. Dans un hip-hop fracturé, il est le “Rap Jesus” : sauveur brut, fidèle à sa plume, sa foi et sa route sans compromis.
Discographie Mesus
- 2008 – The First Cause EP
- 2013 – I’m the Rock
- 2014 – Victory Music
- 2018 – Dear Rap
- 2019 – 24/7
- 2020 – Eracism
- 2020 – Delites
- 2021 – Fuck You
- 2021 – Fuck You 2
- 2022 – Strength In Numbers EP (avec Burden)
- 2022 – Mesus EP
- 2023 – The Raptivist
- 2023 – The Raptivist (50th Anniversary Edition)
- 2024 – Pale Horse (avec Adam Calhoun)







