
Rare of Breed, de son vrai nom Rob Hardin, incarne l’une des trajectoires les plus saisissantes et significatives de la scène hip-hop chrétienne américaine. Né en Caroline du Nord, il grandit dans un environnement fracturé entre les rues de Charlotte et la campagne de Stella, balloté très jeune en foyer, puis placé en famille d’accueil à huit ans. Une rencontre décisive avec un thérapeute lui offre le premier point d’ancrage : l’écriture. Ce qui commence comme un exutoire poétique deviendra, plus tard, sa vocation musicale.
À 16 ans, la descente aux enfers l’emporte : renvoyé du lycée pour trafic de médicaments, il intègre une école militaire mais rechute rapidement dans la délinquance urbaine. À 18 ans, la spirale continue : errance, dépendances, incarcération pour de petits délits. C’est par la foi, lors d’une invitation inattendue dans une communauté chrétienne, que Rob trouve enfin un sens, une discipline et, peu à peu, le pardon—tant pour lui-même que pour ses proches.
GodTwang : le son d’un pont
Rare of Breed invente alors ce qu’il appelle le “GodTwang”, fusion unique d’influences country héritées de sa famille (bluegrass, Alan Jackson, Ricky Skaggs) et de son ADN hip-hop (Outkast, Bone Thugs, la frénésie urbaine du rap sudiste). La marque de fabrique : livraison rapide, refrains ciselés, mais toujours portés par une profondeur de message et un accent irrémédiablement sudiste.
Sa musique ne se limite pas à un croisement de genres : elle devient un pont entre communautés rurales et urbaines, générations et cultures. Les salles de ses concerts mêlent toutes les couleurs, toutes les classes et tous les âges, saluant autant la virtuosité technique que la sincérité de la démarche.
Son témoignage personnel irrigue chaque performance. À la fin de chaque show, Rare of Breed relaie son rôle d’artiste pour celui d’intercesseur : il fait descendre le spirituel dans la salle, priant avec le public, exhortant à la résilience, incarnant ce pour quoi il chante. Il refuse la facilité du “country rap”, préférant un art complet, nourri par ses échecs, sa foi et une volonté farouche de “tenir la barre” malgré l’adversité.
La trilogie “GodTwang” (albums 1, 2 et 3) symbolise ce mouvement : hymne à l’espoir, à la fraternité et à la possibilité d’une rédemption pour tous. Partout où il passe, Rare of Breed attire ceux qui se sentent “hors-cadre”, créant une communauté fidèle qui reconnaît en lui—bien plus qu’un musicien—un pont vivant entre exclusion, foi et résilience. Du côté des collaborations on retrouve Big SMO, ASAP Preach ou encore la chanteuse Loren Day.
À contre-courant du mainstream, Rare of Breed choisit de jouer dans les petites villes, là où l’Amérique profonde cherche encore un sens neuf à la musique, à la rue, à l’église et à la famille. Son message, universel mais enraciné dans le réel, ne cesse de toucher des publics divers—de l’étudiant en quête de repères au parent en reconstruction. Pour beaucoup, il incarne l’espoir qu’on peut transformer la brisure en force, la douleur en hymne, et faire résonner cette voix marginale sur tous les “backroads” du pays.
En portant haut la bannière du “GodTwang”, Rare of Breed rappelle que la musique n’est jamais aussi puissante que lorsque qu’elle sert à guérir, à fédérer, et à tenir debout ceux qui croyaient avoir tout perdu.
Discographie Rare of Breed
- 2013 – This Road
- 2016 – Under Construction
- 2019 – A Very Rare Christmas (EP)
- 2021 – GodTwang 1 (EP)
- 2022 – GodTwang 2 : Reloaded
- 2023 – GodTwang 3 : The Next Chapter
- 2025 – GodTwang 4 : Redemption







