- Avec nos pensées, nous créons le monde -

Musique

Qui est Benjah ? Du chaos à la lumière

benjah

Si le reggae a toujours su mêler douceur des rythmes et feu sacré, Benjah l’injecte d’une spiritualité mordante et d’une sincérité sans contrefaçon. Dès l’ouverture, on plonge dans la trajectoire d’un homme qui aurait pu tout laisser sur le bord de la route d’Hastings, Nebraska, un soir de novembre 2001. Benjamin Thom, le sportif promis aux terrains de football américain et la NFL, se relève de l’accident qui fauche son ami et, avec lui, une part de son adolescence. De cette nuit tragique naît le besoin irrépressible de créer, de consoler le monde en lui offrant autre chose que le silence.

Benjah n’est pas qu’un chanteur reggae-chrétien ; c’est un architecte sonore formé à la prestigieuse Fullsail University d’Orlando, capable de traverser les genres avec la souplesse d’un félin : hip-hop, pop, gospel et bien sûr reggae. Son parcours démarre derrière les consoles, ingénieur au service des autres avant d’oser sortir sa propre voix. Les collaborations se multiplient, du travail de fond avec Lecrae ou Group 1 Crew à la production de hits, chaque rencontre nourrissant une palette de sons vibrants, personnels, mais toujours empreints de cette lumière qui fait tenir debout ceux qui vacillent.

À partir de 2009, Benjah devient le capitaine de sa propre barque, les albums se succèdent et dessinent un paysage de maturité et de prises de risque assumées : Filtered, Lov’d Ones avec Dillavou, The Break-Up, Vanity Fare — qui le propulse sur les radars des charts Billboard et scelle son statut d’incontournable du gospel urbain. Ses titres croisent la spiritualité et la réalité brute ; chaque morceau est une lettre d’encouragement, un espace de partage où l’intime s’invite dans l’universel.

L’album Vanity Fare, par exemple, s’écoute comme un miroir de ses luttes intérieures, chacune des douze pistes résonnant d’un combat, d’une espérance, d’une foi parfois vacillante mais jamais soumise. La version remixée, Haze & Reflections, franchit à la fois les frontières du reggae et du gospel, se hisse dans les tops et prouve que le genre du reggae chrétien peut se réinventer sans perdre de sa substance. Une prouesse rarement égalée, surtout lorsque l’on découvre Motives ou Woke, pièces maîtresses portées par cette urgence de dire, de rappeler que la musique est aussi mission et témoignage.

Dans Guidance, PainTings, Roots Passion ou Suppliah, Benjah tisse un fil rouge entre expérience et introspection. Ces albums sont autant de chapitres d’un cheminement intérieur accompagné par de puissantes collaborations et des arrangements qui fusionnent groove et exigences contemporaines. La voix, les chœurs, les instrus parfois minimalistes, parfois luxuriants, créent un espace où la pensée gospel se frotte au social, au personnel, à la quête identitaire du jeune du Nebraska devenu architecte du verbe en Floride.

Le secret du son Benjah ? Une humilité qui résiste à la tentation de l’esbroufe, une foi qui n’est jamais prosélyte mais toujours suggestive, et une capacité à transformer la douleur en énergie productive. La force de ses refrains n’est pas que musicale : elle prend racine dans une histoire mouvementée, une volonté de faire du chaos une lumière vivante. C’est cette authenticité qui touche ses nombreux fans — du gospel addict au rastaman convaincu, en passant par ceux qui cherchent un sens là où souvent il manque.

Pour les amateurs de discographie, voici la moisson Benjah, éclatante de diversité et de vitalité :

Benjah, c’est ce souffle serein qui traverse les brisures, un musicien qui marie la résilience et le groove pour réveiller une génération qui ne veut rien concéder, ni la foi, ni le bonheur, ni le rythme. Pour qui cherche une musique qui panse sans travestir la douleur, le parcours de Benjah reste une invitation inspirante à transformer chaque ombre en rayon de lumière.

Partager l'article sur les réseaux sociaux pour aider le site (merci !)
* Cet article peut contenir des images générées à l'aide de l'IA