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Asie & Zen

Merantau (2009) : un silat indonésien qui frappe fort

merantau

Il y a des films d’action qui te font d’abord appuyer sur le bouton « wow » avec les yeux, puis celui « mouais » avec le cerveau. Merantau entre parfaitement dans cette catégorie. Sorti en 2009, ce film d’action indonésien réalisé par Gareth Evans marque la première collaboration entre le réalisateur et Iko Uwais, alors nouveau dans le cinéma mais déjà rompu à l’art martial du silat (l’art martial traditionnel indonésien). Le terme « merantau » signifie « émigrer » et désigne un voyage initiatique pour les jeunes hommes, qui quittent leur village pour découvrir le monde. C’est le titre du film autant que le nom du rite de passage.

Dans ce film, on suit Yuda, un jeune guerrier du village, qui se rend à Jakarta pour enseigner le silat mais qui se retrouve protecteur involontaire d’une jeune femme Astri, menacée par un réseau de prostitution étranger. Mais avant de conclure à la simple facilité, il faut regarder ce que Merantau apporte vraiment : un silat brut, une esthétique travaillée et une première collaboration Evans–Uwais qui a tout fait pour le succes de The Raid par la suite.

Le rite de passage : Merantau

Le film commence lentement, dans un village indonésien, où Yuda grandit dans la tradition du silat, protégé par son père et son environnement. Le départ est un rite, il doit quitter son village, parcourir la route et arriver à Jakarta pour enseigner le silat. Cette transition, du calme rural à la clameur urbaine, est visuellement marquée par les couleurs. Les rizières vertes, les champs, le ciel, contrastent avec la grisaille, le grouillement, la puanteur de Jakarta.

Ce contraste n’est pas seulement esthétique, il est narratif. Le village est un lieu de pureté, de tradition, de sécurité. Jakarta est un lieu de corruption, de danger, de menace. Yuda, en arrivant dans la ville, est d’abord un étranger, un homme perdu, qui ne comprend pas la langue, les codes, les règles. Il est un « outsider » dans un monde qui ne lui est pas familier. Cette idée est classique, mais elle fonctionne. Elle donne une base solide à le personnage et elle justifie sa vulnérabilité.

La femme à protéger, le héros à révéler

Le point de déclenchement du film arrive rapidement. Yuda rencontre Astri, une jeune femme qui est menacée par un réseau de prostitution. Elle est la cible d’un gang, et Yuda, par hasard, est le seul à pouvoir la protéger. Cette situation est classique, presque clichée. Le héros qui sauve la femme, le protecteur involontaire, le réseau de crime, etc. Mais ce qui est intéressant, c’est la manière dont le film utilise cette situation pour « révéler » le personnage de Yuda.

Astri n’est pas une femme passive, elle est active, elle a un rôle, elle est une victime qui cherche à survivre. Elle est le personnage qui « force » Yuda à agir, à se révéler, à passer du statut de guerrier à celui de protecteur. Elle est le moteur de l’action, mais elle est aussi le moteur de l’émotion. Le film ne la traite pas comme un objet, mais comme une personne, avec ses propres motivations, ses propres peurs.

film Merantau

Le silat : l’art martial qui impressionne

Le plus gros atout de Merantau, c’est le silat. Loin des chorégraphies aériennes et des effets numériques qui ont envahi le cinéma martial moderne, le silat est un art martial indonésien d’essence terrestre, brut, visceral, ancré dans la réalité du corps et du combat. Les techniques sont rapides, les frappes sont précises, les déplacements sont fluides, et chaque coup porte une intention claire. Pas de fioritures, pas de pirouettes inutiles. Le silat est un art martial de combat, conçu pour la violence réelle, et c’est exactement ce que le film met en scène.

Iko Uwais est un expert du silat, et il le montre dans le film sans jamais en faire une démonstration scolaire. Ses combats sont impressionnants, non pas parce qu’ils sont spectaculaires, mais parce qu’ils sont réalistes. On sent le poids des corps, la force des impacts, la vitesse des mouvements. Le film n’est pas aussi violent que The Raid, mais il est déjà très dur, très brut, très rapide. Et c’est précisément cette qualité qui le rend intéressant. Il ne cherche pas à impressionner avec des effets, mais à convaincre avec la vérité du corps en mouvement.

C’est un film qui se regarde, mais qui ne trompe pas la faiblesse de son intrigue. Le scénario est très convenu, les personnages sont fades, les dialogues sont affligeants, et les facilités scénaristiques sont omniprésentes. Le film est un film d’action, nul besoin pour vous d’enclencher l’utilisation de vos neurones pour suivre l’intrigue.Et parfois c’est tout ce dont on a besoin.

Une autre analyse de film ? Jetez un oeil à Shaolin (2011).

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* Cet article peut contenir des images générées à l'aide de l'IA