
L’action se déroule dans un monde où la Prohibition n’a pas tué l’alcool mais plutôt la gravité. Où les gratte-ciels ne grimpent plus vers le ciel … ils flottent dedans, reliés par des ponts de cuivre fumant et des câbles d’acier vibrant sous le poids des secrets. Où chaque virage cache une planque de contrebande, chaque nuage dissimule un escadron de patrouille, et chaque décision pourrait vous propulser vers la gloire… ou vous faire chuter de trois kilomètres de haut. Bienvenue dans Aether & Iron, un RPG narratif signé Seismic Squirrel, qui prend le film noir, y injecte de l’art déco, le secoue avec un soupçon de Lovecraft léger, et le sert sur un plateau de combats tactiques en véhicules volants. Et non, ce n’est pas un rêve après avoir relu trop vite The Rocketeer — c’est bien réel, et ça sort ce printemps 2026 sur Steam.
Une uchronie où la classe sociale se mesure en étages
Le pitch est aussi élégant qu’effrayant : nous sommes en 1930, mais l’« aether » (une substance mystérieuse découverte quelques années plus tôt), a permis de maîtriser l’anti-gravité. Résultat ? New York s’est transformée en cité verticale, une jungle stratifiée où les riches vivent dans les nuages, les classes moyennes s’accrochent aux plateformes intermédiaires, et les miséreux étouffent dans l’ombre des fondations. C’est dans ce décor oppressant que vous incarnez Gia, une contrebandière rusée, experte en faux papiers, passages clandestins et moteurs truqués. Ce qui commence comme un simple contrat (livrer une cargaison discrète) vous plonge dans une conspiration qui menace l’équilibre même de cette métropole fracturée.

L’univers, inspiré des comics de détective des années 30 et du design Art Déco, respire l’élégance sombre et le cynisme raffiné. Les néons sont remplacés par des ampoules à filament, les costumes-cravates par des trenchs en cuir usé, et les dialogues par des échanges ciselés, entièrement doublés. Car oui, Aether & Iron mise sur une narration immersive. Chaque PNJ a une voix, une histoire, souvent tragique, toujours nuancée. Vous ne croisez pas des figurants, mais des survivants d’un système qui les broie lentement. Et vos choix, influencés par trois attributs clés (Hustle aka la débrouille, Smarts aka l’intelligence tactique et Brass aka l’audace brute) façonneront non seulement votre parcours aussi bien que le destin de toute la ville.
Des combats de bolides, pas de balles
Ici, on ne se bat pas à l’épée ni au fusil. On se bat au volant. Le gameplay du jeu repose sur des affrontements tour par tour entre véhicules aether-propulsés. Chaque combat se déroule sur une grille routière dynamique, où positionnement, angle d’attaque et équipement déterminent l’issue. Votre flotte (car vous pouvez en posséder plusieurs) est entièrement personnalisable. Blindages renforcés, compartiments secrets pour la contrebande, lance-flammes, fumigènes, ou même systèmes de brouillage. Un véhicule rapide sacrifie la défense ; un tank lourd perd en maniabilité. Le dilemme est constant, surtout face à des ennemis qui adaptent leurs propres tactiques.
Et parce que rien n’est jamais garanti, même avec la meilleure préparation, le jeu intègre un système de jets de dés. Lors d’une négociation ou d’une manœuvre risquée, un lancer décide du succès ou de l’échec. Un jet de « Brass » peut vous permettre de forcer un passage bloqué mais un mauvais résultat vous coûtera du temps, de l’essence… ou pire. Cette mécanique, héritée des grands classiques du RPG, instille une tension constante ! Vous n’êtes jamais tout-puissant, seulement chanceux… ou malchanceux.
Vous ne serez pas seul dans cette aventure. Gia peut recruter des compagnons, chacun doté d’un passé complexe, de talents uniques et d’arcs narratifs propres. L’un excelle dans le sabotage, l’autre dans la diplomatie souterraine, un troisième connaît tous les tunnels oubliés de la ville. Ces alliés ne sont pas de simples bonus statistiques puisque leurs décisions peuvent contredire les vôtres, créer des tensions, ou même vous sauver la vie au prix d’un sacrifice. La narration reste fluide, organique, jamais dictée par un arbre de dialogue rigide.

Aether & Iron et son système de « Heat » qui vous surveille
Mais ce qui distingue vraiment Aether & Iron, c’est son système de Heat. Chaque action bruyante (comme un combat prolongé, une fuite spectaculaire ou une trahison publique) augmente votre niveau de notoriété auprès des factions rivales. Trop de Heat, et les patrouilles redoublent, les prix flambent, les alliés se méfient. À l’inverse, jouer discret vous ouvre des portes cachées, des contrats lucratifs, des informations vitales. Ce n’est pas juste un indicateur de difficulté : c’est un narrateur silencieux, qui adapte le monde à votre style de jeu. Deux joueurs peuvent traverser la même mission, mais vivre des histoires radicalement différentes selon leur approche.
Pour un public nourri aux Mass Effect, Fallout et Blade Runner, Aether & Iron résonne comme un retour aux sources. Un RPG où le récit prime, où les choix ont du poids, et où la stratégie remplace la frénésie. Il ne cherche pas à impressionner par des graphismes ultra-réalistes mais par une cohérence stylistique totale, une direction artistique affirmée, et une écriture mature. Et surtout, il ose innover là où d’autres se contentent de reproduire. Par exemple en remplaçant les combats au corps à corps par des duels mécaniques, en transformant la ville en personnage à part entière, et en faisant de la voiture (symbole de liberté par excellence) l’extension de votre propre identité.
Une démo gratuite est déjà disponible sur Steam. Alors, ajustez vos lunettes d’aviateur, vérifiez votre pression hydraulique, et préparez-vous à naviguer dans les hauteurs… et les abîmes.





