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Infection Free Zone : le SimCity des zombies, avec plus de tripes

jeu infection free zone

Vous avez déjà joué à Cities: Skylines en vous disant : « Et si les citoyens se transformaient en zombies dès qu’ils dépassent 70 ans ? » Non ? Alors Infection Free Zone est là pour combler ce manque existentiel. Développé par Jutsu Games, ce titre hybride (mi-city-builder, mi-tactical survival) vous met aux commandes d’une zone sécurisée dans un monde post-apocalyptique. Pas de héros solitaire, pas de shotgun à pompe magique. Ici, vous êtes le maire, l’ingénieur, le chef de la milice et, parfois, le fossoyeur. Et contrairement à ce que son nom suggère, rien n’est jamais vraiment « free » de quoi que ce soit.

Car c’est là toute la tension du jeu. Vous construisez un paradis sécurisé mais chaque décision a un coût humain, logistique, ou sanitaire. Et les zombies, eux, n’attendent pas que vous ayez fini votre réseau d’égouts.

Construire sous pression

Le pitch est simple : après l’effondrement, vous dirigez une enclave de survivants. Vous commencez avec quelques baraques, un générateur diesel et une poignée de civils traumatisés. Votre mission ? Étendre la zone, attirer de nouveaux habitants, produire de la nourriture, de l’eau, de l’électricité tout en repoussant les hordes qui rôdent à vos portes.

La particularité ? Grâce à l’utilisation d’OpenStreetMap vous pouvez démarrez votre partie depuis n’importe quel lieu dans le monde, avec les vrais bâtiments qui existent sur place. Oui, même prendre votre propre habitation comme point de départ. Plutôt cool.

infection free zone carte

Et ça marche. Au début. Le système de construction est fluide, intuitif, presque apaisant. Poser des routes, brancher des panneaux solaires, créer une ferme hydroponique & co. Le tout via une interface épurée et des outils bien pensés. Les bâtiments ont des besoins réalistes. Une usine à eau nécessite de l’électricité, une caserne consomme des munitions, un hôpital demande du personnel qualifié, etc.

Mais très vite, la pression monte. Les ressources sont limitées. Les survivants tombent malades. Les cadavres non enterrés attirent les charognards puis les infectés. Et surtout, les vagues d’attaque arrivent sans prévenir. Pas de timer, pas de compte à rebours. Juste comme ça, soudainement, 200 zombies qui déboulent du nord-est parce que vous avez trop étendu vos murs sans renforcer la garde.

C’est là que le jeu bascule. De gestionnaire zen, vous devenez stratège en urgence. Vous devez redéployer vos unités, activer les tourelles, bloquer les routes avec des véhicules incendiés, et espérer que votre centrale nucléaire (oui, il y en a une) ne surchauffe pas pendant le chaos.

Des survivants … pas des pions

L’un des gros points forts d’Infection Free Zone, c’est que chaque habitant a un nom, une histoire, des compétences et même une santé mentale. Certains sont des ingénieurs, d’autres des médecins, d’autres encore des tireurs d’élite. Mais ils peuvent aussi paniquer, désobéir, ou même saboter votre base s’ils sont trop stressés. Les salauds (ils pourraient faire de la méditation).

Le système de « moral » est subtil. Si vous entassez trop de cadavres dans les rues, le moral chute. Pas assez de divertissement ? Les gens deviennent instables. Une attaque nocturne ? Certains refusent de sortir de chez eux le lendemain (froussards !). Et si un survivant meurt, ses proches entrent en dépression. Ce qui peut déclencher une crise en chaîne.

C’est réaliste, cohérent mais parfois frustrant. Rien de pire que de voir votre seul médecin fuir en hurlant pendant une épidémie de fièvre hémorragique, juste parce qu’il a vu un zombie gratter à sa fenêtre la veille.

Les défauts : quand le moteur cale

Malgré ses idées fortes, Infection Free Zone souffre de plusieurs problèmes :

  1. L’IA des unités est capricieuse. Vos soldats restent parfois plantés devant un mur, refusant d’aller secourir un camarade à 10 mètres. Les civils traversent les zones contaminées sans protection, juste pour aller « chercher un livre ». C’est crédible ? Peut-être. Jouable ? Moins.
  2. L’équilibre est bancal. Certaines stratégies rendent le jeu trivial : une fois que vous avez des drones de reconnaissance et des mitrailleuses automatiques, les vagues deviennent des formalités. À l’inverse, si vous ratez une seule vague majeure, c’est souvent la fin sans possibilité de récupération.
  3. Le pathfinding est un cauchemar. Dans les zones densément bâties, les unités se coincent, les véhicules bloquent les routes, et les zombies contournent vos défenses par des chemins absurdes. Ce n’est pas toujours de la faute du joueur, c’est le moteur qui peine.
  4. Pas de pause en solo. Oui, vous avez bien lu. Même en mode solo, vous ne pouvez pas mettre le jeu en pause pour réfléchir. Dans un titre où chaque seconde compte, c’est une aberration.

Bon après le jeu n’est paru que 2024, il n’a pas encore la longue liste d’évolutions de certains autres titres du genre. Ces inconvénients devraient donc disparaitre peu à peu au fil des prochaines années. En tous cas, on peut l’espérer.

Pour qui ? Pour quand ?

Infection Free Zone ne cherche pas à être un Project Zomboid. Il ne veut ni simuler la survie individuelle, ni plonger dans la psychologie du désespoir. Il vise un autre public. Ceux qui aiment gérer des systèmes complexes sous pression, qui trouvent du plaisir à optimiser une chaîne logistique tout en repoussant une horde.

C’est un jeu pour les fans de Frostpunk ou Surviving Mars, mais avec plus de tripes, moins de froid et une bonne dose d’imprévu. Il est particulièrement réussi en coopération (jusqu’à 4 joueurs), où chacun peut gérer un secteur : défense, production, santé, exploration.

Mais en l’état, il reste un Early Access sur Steam. Certaines mécaniques sont inachevées (la diplomatie avec d’autres camps, les événements aléatoires) et le contenu manque de variété à long terme. La campagne solo est courte, et le mode sandbox manque de défis structurés.

Infection Free Zone : prometteur mais pas encore une tuerie

Le jeu repose sur une idée brillante encore mal polie. Il mélange deux genres avec audace, crée des moments de tension authentiques, et propose une gestion profonde. Mais ses bugs, son équilibre fragile et son absence de pause en solo le condamnent à rester (pour l’instant) un projet intéressant autant qu’imparfait.

Si vous aimez les city-builders stressants et que vous tolérez les rough edges, foncez. Surtout en promo (le prix habituel est de 25€). Mais si vous cherchez un jeu fini, stable, et bien calibré, attendez la version 1.0. Parce qu’ici, la zone n’est pas encore libre. Elle est juste en quarantaine.

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* Cet article peut contenir des images générées à l'aide de l'IA