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Minos : le labyrinthe où vous êtes le vrai monstre

Vous avez déjà rêvé de jouer à Home Alone, mais avec des pics, du feu, des catapultes, et une bonne dose de sang grec ancien ? Alors bienvenue dans Minos, un roguelike hybride signé Artificer (les mêmes derrière Sumerian Six et Showgunners) où vous incarnez Asterion (oui, le Minotaure) coincé dans un labyrinthe infini qu’il doit lui-même concevoir pour y massacrer des légions d’humains venus le chasser. Pas de pitié, pas de sauvegarde automatique, juste vous, votre cerveau tactique et une envie croissante de voir vos ennemis trébucher sur vos propres pièges comme des imbéciles.

Car Minos (sortit ce mois d’avril) ne se contente pas de mélanger tower defense et roguelite. Il les fusionne avec une rigueur presque sadique, exigeant à la fois planification millimétrée et improvisation brutale. Et c’est précisément ce va-et-vient entre architecte froid et bête enragée qui rend le jeu à la fois brillant et parfois insupportable.

Jeu Minos tower defense roguelike

Le maître du labyrinthe

Chaque niveau se déroule en deux phases bien distinctes :

  1. La phase de construction : vous disposez d’un plan labyrinthique semi-prédéfini, parsemé de « slots » vides où placer vos pièges. Vous avez accès à un arsenal limité (pics, flammes, arcs automatiques, lames rotatives, boules de canon & co) et devez anticiper le trajet des vagues d’ennemis. L’objectif ? Les guider vers un maximum de pièges sans qu’ils atteignent leur point d’arrivée.
  2. La phase d’exécution : les soldats entrent. Vous observez, impuissant, votre plan se dérouler. Si tout fonctionne, c’est une symphonie de cris étouffés et de geysers de sang. Si ça rate ? C’est là qu’intervient la deuxième moitié du jeu.

Car contrairement aux tower defense classiques, vous n’êtes pas spectateur. Quand des soldats franchissent vos défenses, vous prenez directement le contrôle d’Asterion, armé de ses poings, de sa corne, et de quelques capacités spéciales débloquées au fil des tours de jeu. Vous devenez alors la dernière ligne de défense. Un tank lent, puissant, mais vulnérable. Trop de survivants = trop de pression = mort rapide.

Cette dualité est géniale en théorie. En pratique, elle crée une tension constante entre perfectionnisme et acceptation du chaos. Parce que non, vous ne pourrez jamais bloquer tous les soldats. Et oui, vous finirez souvent par courir comme un dément dans les couloirs, essayant de rattraper trois types armés de lances qui viennent de contourner votre mur de flammes.

Un roguelike qui ne pardonne rien

Minos est dur. Très dur. Surtout pour la génération de jouerus actuelle qui n’est pas habituée à répéter des niveaux en boucle. Pas dans le sens « Dark Souls », mais dans le sens « chaque décision compte, chaque ressource est comptée, chaque erreur coûte cher ». Entre deux vagues, vous récupérez de l’énergie en minant des roches remplies de sang ou de gemmes. Cette énergie sert à poser plus de pièges ou à acheter des artefacts temporaires (« +20 % de dégâts contre les archers », « régénération passive », etc.).

Mais attention : si vous dépensez toute votre énergie, vous pouvez sacrifier de la santé pour en regagner. Une mécanique de risque/récompense brillante sauf qu’elle devient vite une spirale descendante. Combien de fois perdrez-vous de run parce que vous aurez miné une roche de trop, vous laissant à 3 PV face à une vague de 12 hoplites ?

Le jeu ne vous aide pas. Pas de tutoriel explicite, pas de conseils contextuels, juste une interface minimaliste et une logique implacable. Vous apprenez par l’échec. Beaucoup d’échecs.

Et pourtant, quand ça marche (quand vos pics se déclenchent en chaîne, quand vos archers tuent les survivants des flammes, quand vous n’avez même pas besoin de toucher Asterion) la satisfaction est immense. C’est celle d’un ingénieur diabolique qui vient de piéger ses proies comme dans un film de Jigsaw, mais en sandales.

Des puzzles dans le labyrinthe

Au-delà des niveaux standards, Minos glisse çà et là des niveaux puzzles. Là, plus de vagues. Juste un défi unique : tuer tous les soldats en un seul passage, souvent avec des règles spécifiques (« ne placez qu’un seul type de piège », « utilisez uniquement les pressions au sol », etc.). Ces niveaux sont exigeants, parfois obscurs, mais offrent un changement de rythme bienvenu.

Le problème ? Ils sont optionnels. Vous pouvez les sauter sans conséquence. Ce qui, ironiquement, en diminue l’impact. Pourquoi se casser la tête sur un puzzle ultra-complexe quand vous pouvez juste passer au niveau suivant et espérer mieux vous en sortir ?

Une narration discrète, mais efficace

Contrairement à Hades ou Dead Cells, Minos ne noie pas le joueur sous les dialogues. L’histoire se dévoile par bribes. Lettres d’Ariane, notes de Dédale, réflexions d’Asterion sur sa propre monstruosité etc. Rien de révolutionnaire, mais suffisamment poétique pour donner du poids à votre calvaire. On sent que les développeurs connaissent leur mythologie et qu’ils l’aiment.

Visuellement, le jeu mise sur un style sombre, anguleux, presque gravé dans la pierre. Les effets de sang sont abondants, mais stylisés, jamais gore pour le gore. La bande- son, minimaliste, accentue la solitude du labyrinthe.

Verdict : un chef-d’œuvre imparfait

Minos est un jeu qui ose être exigeant sans être injuste, complexe sans être brouillon, minimaliste sans être vide. Mais il souffre de quelques défauts :

  • Trop peu de diversité dans les ennemis : après 10 heures, vous voyez toujours les mêmes hoplites, archers et berserkers.
  • Asterion manque d’options offensives : une seule attaque de base, deux capacités passives. On finit par se sentir nu.
  • Courbe de difficulté abrupte : les premières heures sont cruelles, surtout pour les néophytes du genre.

Pourtant, malgré ces défauts, Minos reste l’un des roguelikes les plus originaux de 2026. Il ne cherche pas à vous divertir passivement. Il veut vous mettre au défi, vous forcer à penser (je sais c’est dur), à recommencer, à apprendre. Et quand vous finissez par dominer le labyrinthe, ce n’est pas le jeu qui vous félicite, c’est vous-même. Alors, prêt à redevenir le monstre que tout le monde craint mais que personne ne comprend ?

Le jeu est dispo sur Steam pour 18€. Il vous faut au minimum Windows 10 x64 Bit, 8 Giga de RAM et un processeur type Intel Core i5-6600K ou AMD Ryzen 5 2500U.

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* Cet article peut contenir des images générées à l'aide de l'IA