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Marvel MaXimum Collection : la future machine à remonter le temps

marvel maximum collection

Vous vous rappelez cette époque bénie où sauver l’univers ne demandait qu’un joystick, trois vies et une pièce de 10 francs coincée dans la poche de votre jean ? Où Spider-Man n’avait pas besoin d’un scénariste oscarisé pour balancer un bon vieux « Your friendly neighborhood » en sautant sur un tank ? Où les X-Men se battaient en pixel art fluo contre des Sentinelles géantes, sans avoir à justifier leur licence morale devant un comité de fans sur Reddit ? Cette époque existe encore. Elle vient d’être empaquetée, polie et livrée avec rollback netcode par Limited Run Games, sous le nom de Marvel MaXimum Collection.

Et non, ce n’est pas une opération marketing cynique. C’est un acte d’amour, maladroit parfois, nostalgique toujours, mais sincère comme un coup de poing de Hulk sur un distributeur de chips.

Le musée du jeu vidéo qui sent la sueur et les bonbons Haribo

Contrairement aux compilations modernes qui transforment les classiques en musées interactifs stériles (je te vois, Mega Man Legacy), Marvel MaXimum Collection assume son côté bricolé. Ici, pas de filtres HDR ni de mode photo. On est dans le crado-chic du pixel pur sucre. Sprites tremblotants, hitboxes généreuses et une difficulté qui vous fait jurer comme si vous étiez encore en CM2. La collection rassemble six titres (pas treize, malgré ce que dit la boîte, on y revient), tous issus de l’âge d’or des adaptations vidéoludiques Marvel, entre 1987 et 1995 :

  • X-Men: The Arcade Game (1992) : le chef-d’œuvre de Konami, jouable à six en coop, où Cyclope tire des lasers comme s’il avait mangé trop de piments.
  • Captain America and The Avengers (1991) : un side-scroller façon beat’em all où Cap balance son bouclier comme un frisbee psychopathe.
  • Spider-Man/Venom: Maximum Carnage (1994) : ce chef-d’œuvre sanglant sur SNES/Mega Drive, avec une bande-son signée Red Hot Chili Peppers et un gameplay aussi fluide qu’un chewing-gum collé sous une table de cantine.
  • Venom/Spider-Man: Separation Anxiety (1995) : la suite méconnue, plus sombre, plus lente, mais avec un Venom qui avale les ennemis comme des cacahuètes.
  • Spider-Man/X-Men: Arcade’s Revenge (1992) : le vilain petit canard de la famille, avec ses niveaux décousus et son équilibre de gameplay bancal mais tellement culte.
  • Silver Surfer (1990) : l’infâme cauchemar NES, célèbre pour sa difficulté sadique, ses fonds noirs indigestes et le fait qu’on l’a tous essayé … juste une fois.
Marvel MaXimum Collection

Marvel MaXimum Collection : 6 ou 13 ?

Oui, ça fait six jeux. Mais attention : certains sont proposés dans plusieurs versions (arcade, console, portable), ce qui gonfle artificiellement le compte à 13. Une entourloupe ? Pas vraiment. Plutôt une manière de dire : « Regarde, on a tout gardé. Même les trucs moches. Parce qu’ils font partie de l’histoire. »

Et c’est là que MaXimum Collection brille. Elle ne sélectionne pas les meilleurs. Elle conserve tout même les ratés (comme les parents avec les enfants). Parce que la mémoire vidéoludique, c’est aussi ça : des heures perdues à essayer de battre Silver Surfer sans perdre la raison, ou à expliquer à ton pote que non, tu ne peux pas jouer Iron Man dans Maximum Carnage, même si le costume est dans le jeu.

Des fonctionnalités modernes, mais pas trop

Heureusement, Limited Run n’a pas juste dumpé les ROMs dans un .exe et mis « RETRO » en gros sur la jaquette. La compilation intègre des outils dignes d’un vrai hommage :

  • Rollback netcode pour X-Men: The Arcade Game. Il est enfin possible de jouer en ligne sans lag, comme si vous étiez branché en LAN dans un cybercafé de 1996.
  • Sauvegarde à tout moment : fini les Game Over interminables. Vous pouvez maintenant abandonner après 30 secondes de Silver Surfer sans culpabiliser.
  • Mode rewind : revenir en arrière de quelques secondes, comme un cheat code intégré. Parfait pour les boss impossibles ou les sauts imprécis.
  • Musée intégré : manuels scannés, artwork d’époque, bandes-annonces VHS, et même une nouvelle OST composée par Chris Huelsbeck (Turrican, R-Type III) qui revisite les thèmes originaux avec une orchestration moderne et respectueuse.
  • Cheat codes activables : parce que personne n’a envie de refaire Maximum Carnage en mode normal à 45 ans.

Le tout est enveloppé dans une interface sobre, rapide, et sans fioritures. Pas de menu cosmétique, pas de boutique cachée. Juste un lanceur, une liste de jeux, et un bouton « Play ». Un luxe dans un monde où chaque jeu essaie de vous vendre un skin avant même le premier niveau.

Pourquoi ça marche

Marvel MaXimum Collection touche la corde de notre enfance revisitée sans filtre. Ce n’est pas une réinterprétation lisse façon Resident Evil 4 Remake. C’est le contraire. C’est l’original, avec ses défauts, ses bugs, ses choix absurdes. Et c’est précisément ce qui rend l’expérience si fun. Quand vous relancez Maximum Carnage, vous ne rejouez pas seulement à un jeu. Vous retrouvez l’odeur de la chambre de votre copain qui puait des pieds, le bruit du ventilateur de la Mega Drive, la frustration quand Venom tombe dans un trou invisible et cette euphorie quand vous débloquez enfin le niveau secret. Ce n’est pas du gaming. C’est de la mémoire sensorielle.

Et pourtant, la collection évite le piège de la nostalgie aveugle. Elle ne prétend pas que ces jeux sont « meilleurs que ceux d’aujourd’hui ». Elle dit simplement : « Ils existaient. Ils nous ont marqués. Voilà pourquoi. » Il y a une honnêteté brute dans cette approche presque punk, dans un paysage vidéoludique dominé par les remakes sans âme et les live services interchangeables.

À noter : aucune date de sortie précise n’a été annoncée, mais la compilation arrivera sur PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch. Et oui, une version physique est prévue parce que chez Limited Run, on sait que certains collectionnent encore les cartouches comme d’autres les vinyles.

Alors, si vous avez un jour pleuré parce que vous aviez perdu votre sauvegarde Spider-Man sur Game Boy, ou si vous avez juré de ne jamais toucher à Silver Surfer … eh bien, c’est le moment de faire la paix avec vos démons. Armé d’un rewind, d’un cheat code, et d’un soupçon de maturité. Parce que parfois, le meilleur moyen de grandir c’est de replonger tête la première dans ce qui nous a fait gamins.

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* Cet article peut contenir des images générées à l'aide de l'IA